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Dal 77 - Droit au Logement

défense des locataires et des familles

« S’il vient lundi je vais me suicider »

« S’il vient lundi je vais me suicider »

« S’il vient lundi je vais me suicider »

Le titre n’est pas de moi, c’est la reprise du SMS que je viens de recevoir.

Cela m’a fait froid dans le dos, d’autant plus que cette femme menacée d’expulsion m’appelle plusieurs fois par jour depuis mardi dernier 

Je ne veux pas lire lundi matin dans la République ou dans le Parisien que Madame B expulsée avec son fils s’est suicidée.

Quand j’écris cela, je n’exagère pas, je réagis à ce SMS, appel au secours qu’elle m’a adressé ce soir quand elle a appris que la Sous-Préfète n’ordonnait pas l’arrêt de l’expulsion.

J’ai rencontré cette femme, il y a un mois de cela, à la permanence du DAL

Elle m’a expliqué qu’elle risquait d’être expulsée.

J’ai écouté son histoire, ses difficultés.

Elle m’a longuement expliqué pourquoi elle a perdu pied.

Consciente de la situation dans laquelle elle se mettait, ayant redressé sa situation, elle était prête à reprendre le paiement de ses loyers.

 

Une issue positive était en vue jusqu’au moment où le père de son fils avec qui elle ne vit plus n’avait pas fait opposition au dernier moment au chèque qu’il avait déposé qui couvrait la dette.

Nous avons tout repris avec cette femme, elle s’est engagée avec l’aide de sa fille et d’une amie à payer à tempéraments les loyers impayés.

Elle reprenait pied doucement, en allant rencontrer les travailleurs sociaux, ce qu’elle n’avait jamais fait auparavant.

Peu à peu elle s’est confiée, jusqu’à « avouer » que son fils  diabétique, avait une maladie orpheline en plus «  le syndrome de Marschall ».

Inquiet devant l’entêtement du bailleur et la désespérance de Madame, j’ai écrit à la Sous-préfète pour apprendre ce soir que rien n’arrêterait l’expulsion.

Je viens de recevoir un coup de fil du directeur adjoint de la Cohésion Sociale qui m’a assuré que cette femme et ce garçon ne resteraient pas à la rue, on leur trouverait un hôtel.

L’hébergement à l’hôtel va coûter très cher à la collectivité, plus cher que si le bailleur avait donné sa chance à cette femme, qui, accompagnée pouvait régler ses dettes.

J’ai toujours essayé de convaincre Madame B  que rien n’était perdu….Elle est au bout du rouleau et ne mange plus.

Je ne lâcherai pas l’affaire et j’irai la voir demain.

J’informe la presse après avoir alerté de nouveau la Sous-Préfète.

J’enrage et je crains pour madame et son fils.

Jean-François Chalot

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