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Dal 77 - Droit au Logement

défense des locataires et des familles

histoire vécue

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DE L’EXPULSION AU RELOGEMENT

 

 

J’avoue humblement que comme d’autres bénévoles j’ai du mal à prendre de la distance avec les femmes et hommes en détresse que je rencontre.

J’essaye pourtant et parfois j’y arrive.

J’ai déjà raconté dans un article et dans le dernier petit livre que j’ai écrit, l’histoire de Naïma et de son fils, brillant écolier et malade (le diabète et une maladie orpheline)

J’ai tout fait pour éviter l’expulsion, y compris en essayant de convaincre le bailleur « social » intransigeant qu’il était possible de lui donner une deuxième chance…

Le couperet est tombé, elle a été expulsée « en grande pompe » par une dizaine de personnes dont sept à huit déménageurs qui n’ont pas fait dans la dentelle.

J’ai découvert vendredi dernier, soit quatre mois après l’expulsion que ces « professionnels » n’avaient pas laissé le temps à Naïma de vider son frigidaire et son congélateur.

Les dégâts sont importants : au-delà de la puanteur, ce sont deux appareils difficilement récupérables.

Comment se fait-il qu’une expulsion qui est déjà d’une violence extrême puisse se faire dans ces conditions -là ?

Nous avons effectué un emménagement militant assez difficile car il fallait monter des cartons et des affaires non triées au troisième étage, sans ascenseur.

Il était clair, dès le début que ni Naïma, ni nous-mêmes allions empêcher par la force l’expulsion.

Nous l’avions dit dès le début, nous cherchions l’accord et la reconstruction d’une confiance partagée entre la locataire et le bailleur.

Pourquoi les Foyers de Seine et Marne n’ont-ils pas indiqué le jour où l’expulsion devait avoir lieu, ce qui aurait permis à la famille de préparer à minima ?

Aujourd’hui Naïma, son fils et sa fille majeure sont dans leurs murs après la signature d’un solibail.

Quand Naïma a été expulsée, je suis intervenu énergiquement pour qu’elle soit prise en charge

Immédiatement, ce qui a été fait le soir même dans des logements partagés gérés par la Croix Rouge à Provins.

Durant quatre mois, elle a été suivie par des travailleurs sociaux qui lui ont proposé un solibail.

Nous lui avons demandé de patienter, ce qu’elle a fait.

Je précise que dans le contrat signé, elle rembourse par tempérament le bailleur précédent, celui qui ne voulait pas négocier avec elle.

Quant à son fils, élève en CM2, elle l’a emmené et ramené en bus tous les jours (une heure 30 par voyage)

Pour elle, il était nécessaire et même indispensable que son fils reste dans la même école.

De fait, vous avez d’un côté une locataire qui a cherché à se reconstruire, à régler ses dettes et à repartir sur un autre pied et de l’autre un bailleur peu digne.

Jean-François Chalot

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