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Dal 77 - Droit au Logement

défense des locataires et des familles

journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation

 journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation

 

Voici encore une intervention remarquée et remarquable

De l'histoire pour ne pas oublier

 

 

              intervention : 29 avril 2018  de Colette LLECH, Maire Adjoint à Vaux-le-Pénil

 

  

M. le Premier Adjoint

Mmes et MM les élus

MM les porte-drapeaux

Mmes, MM,

 

 

 

 

Depuis son adoption à l’unanimité le 14/04/1954 par le Parlement, la Loi a fixé au dernier dimanche d’avril la journée d’hommage aux victimes et héros de la déportation, honorant ensemble, à la même date, toutes les victimes : de la déportation de répression ou de la déportation génocidaire sans distinction.

L’exposé des motifs de cette loi est clair : « il importe de ne pas laisser sombrer dans l’oubli…ni l’atroce et scientifique anéantissement de millions d’innocents, ni les gestes héroïques d’un grand nombre …non plus que la cruauté réfléchie des bourreaux. »

 

Cette cérémonie qui figure donc dans la liste des commémorations obligatoires dans chaque commune a ici à Vaux le Pénil une importance toute particulière. .

Si nous sommes rassemblés ici, devant cette stèle, devant cette école, sur cette place, c’est pour rendre hommage à Roger Beuve et Lucien Gantier 2 jeunes pénivauxois.

Roger Beuve, avait 28 ans lors de son arrestation. Il habitait avec sa famille venue de Melun dans la rue appelée aujourd’hui rue des Belles Vues. Lucien Gantier, dont la famille était venue de Normandie et résidait rue des Egrefins, avait été scolarisé à Vaux. Il avait 18 ans à peine.

Tous les deux étaient adhérents du parti communiste clandestin qui avait une activité importante dans toute la région et en particulier autour de la cordonnerie de la famille Petit à Dammarie transformée en imprimerie clandestine Les distributions de tracts, à la volée, même si cela semblait moins risqué, étaient fréquentes. Mais la police allemande, bien secondée par la gendarmerie française se montrait très efficace. Depuis l’été 41 et la création des sections spéciales, arrestations et exécutions se multipliaient :les 19 et 20 octobre 1941, de nombreux militants sont arrêtés dans tout le département puis envoyés à Auschwitz le 6 juillet 1942 dans le seul convoi d’hommes non juifs, surnommé le convoi des 45 000. Puis 5 membres de leur groupe sont fusillés le 8 novembre 1941, encore 3 autres sur le site de la Glandée. Mais les sabotages continuent sur toute la région à la fureur des occupants.

La peur, le couvre-feu, la dénonciation toujours redoutée, l’arrestation qui entraîne torture et exécution n’arrêtent pas ceux qui veulent au prix de leur vie lutter contre l’occupant et les conséquences de l’humiliante défaite. La France est devenue vassale du nazisme : mise en congé des assemblées, suppression des élections, interdiction de chanter la Marseillaise, censure totale sur la presse et toutes les consciences. L’occasion, nommée par certains « la divine surprise » était trop belle ! S’attaquer à ce qui restait du Front populaire et même aux principes de 89 était enfin devenu possible !

Moins de 10 ans auparavant en Allemagne, Hitler grâce à l’abstention massive avait gagné les élections et était devenu chancelier en janvier 1933. Les premiers camps de concentration ouvraient aussitôt pour y enfermer dans de terribles conditions députés et adhérents des partis communiste et socialiste, syndicalistes, intellectuels et ministres des cultes. La persécution des Juifs pouvait alors devenir une priorité absolue.

En France occupée, c’est le même processus qui se met en place… !

Roger Beuve et Lucien Gantier sont arrêtés par la gendarmerie française le 19 avril 1942. Ils distribuaient des tracts à la volée rue des Bordes et ont été vus. C’est l’occasion d’un gros coup de filet car sont aussi arrêtés 3 autres résistants dont Marcel Petit, âgé de 15 ans et demi à peine.

Transférés d’abord à Fresnes, ils sont ensuite envoyés en Allemagne. Après différents camps de concentration, ils sont jugés et condamnés à mort par le tribunal militaire de Breslau. Et c’est le 11 août 1944  soit 2 mois après le débarquement en Normandie et quelques jours avant la Libération de Vaux le Pénil qu’ils sont décapités à la hache avec 11 autres condamnés.

Ils ne sont pas revenus tout comme plusieurs dizaines de résistants de S et Marne, dont le maire d’Avon Rémi Dumoncel, 3 élus arrêtés avec lui, le secrétaire de mairie Paul Mathéry, tous morts en déportation.

Et parmi ceux qui ont pu survivre dans l’horreur des camps, n’oublions pas de citer un autre pénivauxois d’adoption : Albert Rogiez. Membre du réseau « ceux de la Libération », originaire d’Arras, il était restaurateur route de Chartrettes, il est revenu d’ Ebensee le 6 mai 1945.

N’oubliant pas de féliciter les jeunes collégiens qui, comme l’an passé, ont été à nouveau distingués par le jury départemental du concours de la Résistance et de la Déportation, il semble nécessaire de conclure cet hommage à l’héroïsme de ceux qui comme Roger Beuve, Lucien Gantier, Albert Rogiez savaient qu’ils risquaient la mort, avec les paroles de Marie-Claude Vaillant-Couturier : « Nous avons vu des monstres à l’œuvre, mais nous avons connu des hommes et des femmes qui ont su résister à cette entreprise d’avilissement de l’homme qu’était le nazisme et qui ont eu le courage de rester en toutes circonstances, des êtres humains dans l’acception la plus noble » et de Pierre Carassus qui disait ici même : »la mémoire ne peut que renforcer notre vigilance dans notre engagement citoyen face à la barbarie dans le monde d’aujourd’hui.»Combat toujours d’actualité comme l’a montré récemment le tragique destin du colonel Beltrame.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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