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Dal 77 - Droit au Logement

défense des locataires et des familles

La Fête de la musique ne doit pas être sa défaite

La Fête de la musique ne doit pas être sa défaite

Quand la musique fait grand bruit.

La fête de la musique nous avait promis le beau Jack qui en cette occasion avait eu une idée sublime que quelques anges lui avaient sans doute soufflée. Puis au fil du succès, d’année en année les anges se firent démons, les décibels couvrirent les mélodies, les amateurs se trouvèrent repoussés au profit de professionnels faisant spectacles (situation à rebours du projet initial) et pire encore des cars podium déversant des tombereaux de sons en galettes. La défaite de la musique était en marche forcée, non pas au son du chant en canon, mais de la toute puissance des amplifications sataniques.

La polémique bat son plein dans ma cité parce que l’échevin, dont pour une fois je vais féliciter une initiative a souhaité priver d’électricité les groupes qui se produiront cette nuit de solstice. Ce choix met le feu aux poudres, preuve s’il en est que les réminiscences des feux de la Saint Jean demeurent encore. Des candidats à la succession de ce maire qui n’a pas été élu du reste, se proposent de bien vite revenir en arrière en cas de victoire et d’électriser à nouveau le bon peuple, qui n’aime rien tant que d’avoir les oreilles qui bourdonnent.

Faut-il toujours pratiquer la surenchère et la démagogie quand on réclame les suffrages de la populace ? Je suis surpris de cette absurde volonté de faire à rebours simplement par plaisir de prendre le contre pied. L’amplification frise l’exagération, la musique devient alors une course poursuite au bruit, repoussant les chorales, les chanteurs, les musiciens acoustiques dans des espaces lointains. L’oraison du plus fort étant toujours la meilleure, le centre ville, là où la foule se presse, étant dédié à la plus délirante cacophonie.

Est-ce donc ça la fête de la musique ? Une préfiguration de la déflagration finale ? Le tonnerre précédent la fin des temps ? Plus de subtilité ni de douceur dans ce flot de sons saturés qui se mêlent et se confondent, provoquant des acouphènes et des bourdonnements d’oreille. Qui peut bien faire son miel d’un pareil capharnaüm sonore ? L’amplification devrait être prohibée en ce soir de quiétude et de douceur, de fraternité et d’harmonie.

Mais comment l’accepter quand les musiciens eux-mêmes jouent à qui aura la plus grosse ? L’enceinte accouchant d’une montagne de bruit, la souris se mord la queue tandis que le tympan hérite d’un chemin de croix nocturne. Monsieur l’échevin n’a pas tort, il convient de revenir à plus de modération, conseil qu’il devrait s’appliquer à lui-même dans les autres domaines !

La musique est devenue au fil des années le lieu de toutes les intolérances, de toutes les séparations. On appartient à une tribu à l’exclusion des autres. Les générations ont tendance à ne plus disposer du même répertoire, chacun campant sur des positions diamétralement opposées. Plus personne n’accepte les goûts du voisins, les mots sont parfois cinglants pour définir ce que celui-ci écoute.

La fête de la musique devrait être un grand moment de réconciliation et de partage, de découverte et de curiosité retrouvée. Au lieu de quoi, la course aux décibels impose d’établir des ghettos de genre. Tel secteur pour le rock, tel autre pour le jazz, plus loin ceux qui chantent en groupe, ailleurs les musiciens classiques. L’implantation même des différentes tribus impliquant une hiérarchie qui se plie le plus souvent à la dictature de le jeunesse et du plus grand nombre. Nous marchons sur la tête dans pareil cas de figure …

La musique adoucit les mœurs à la condition qu’elle s’ouvre à tous, qu’elle ne se fasse pas rouleau compresseur, qu’elle se donne sans violence et s’écoute sans souffrance. Il serait agréable en cette nuit la plus courte de l’année de se retrouver en symbiose, de ne plus se contenter d’écouter ce qui constitue habituellement notre tasse de thé et d’aller ainsi à la rencontre d’autres inspirations, d’autres expressions. Je doute fortement que l’électricité permette ce laisser-passer, ce courant sympathique, ce doux mélange qui serait le ciment d’une belle soirée.

Acoustiquement vôtre.

NABUM

 
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