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Dal 77 - Droit au Logement

défense des locataires et des familles

Droit au logement : à Melun, des militants agissent au quotidien 

Droit au logement : à Melun, des militants agissent au quotidien 

Cet article est paru dans "Quart de Brie" revue  locale trimestrielle

Dans son 23e rapport annuel sur L’État du mal-logement, la Fondation Abbé Pierre indique : "si le marché de l’immobilier affiche une bonne santé générale, 4 millions de personnes restent mal logées ou privées de domicile, tandis que 12 millions voient leur situation fragilisée par la crise du logement. Au total, près de 15 millions de personnes sont touchées, à un titre ou à un autre, par la crise du logement." En d'autres termes, si le business de l'immobilier est en pleine forme (le volume des transactions a atteint des taux records en 2017), près d'un quart de la population française est sans logement, mal logé ou en situation de précarité ! Preuve une fois encore que la seule logique du marché ne peut répondre aux besoins élémentaires de la population. Malgré tout l’effort des pouvoir public a fortement diminué depuis 10 ans. Face à cette situation, des associations agissent chaque jour sur le terrain pour répondre à l'urgence des personnes, mais aussi interpeller la population et le les pouvoirs publics. Rencontre avec Jean-François Chalot, président du Droit au Logement (DAL) 77. 

 

Quart de Brie : Peux-tu nous présenter le DAL : quand et pourquoi cette association est-elle née ? 

 

Jean-François Chalot : le DAL est une association qui intervient pour le droit au logement pour tous. En mai 1990, l'un d'entre eux, le comité des mal-logés situé dans le 20ème arrondissement de Paris organise un campement durant plusieurs mois pour exiger le relogement de 48 familles expulsées d'un squat. Ce relogement devenu effectif, les militants et militantes du Comité, autour de Jean Baptiste Eyraud et de Jean-Claude Amara, constituent le DAL (Droit au Logement). Le DAL va alors devenir une organisation dynamique qui va mobiliser activement les sans toit en n'hésitant pas à organiser des occupations de locaux vides. Différents comités pour le droit au logement se sont développés sur Paris et en Région Parisienne.

 

QDB : Pourquoi avoir créé un DAL 77 ? 

 

JFC : Je connaissais le DAL et j'ai participé à plusieurs manifestations au cours desquelles j'ai discuté avec le porte-parole du mouvement, Jean-Baptiste Eyraud. Fin juin 2013 , lorsqu'un couple m'a demandé d'intervenir afin qu'il ne soit pas expulsé et que le propriétaire remette l'eau qu'il avait coupée, j'ai contacté le DAL national. J'ai proposé que le DAL et le CNAFAL (Conseil National des Associations Familiales Laïques) agissent de concert étant donné l'importance des enjeux ! Le mois de juillet s'annonçait très chaud et Sophie, était prête à accoucher…Sans eau, elle et son bébé risquaient gros.

Nous avons mené campagne et obtenu satisfaction, le maire de Melun a même fait remettre l'eau par ses services ! En septembre 2013, le couple a voulu s'engager. Sophie à Familles laïques de Melun et Thomas au DAL. Nous avons monté une liste aux élections des représentants des locataires en décembre 2014 et le DAL soutenu par le CDAFAL a eu un élu.Le couple de militants menacé par des voyous qu'ils avaient surpris à violenter un jeune a dû déménager. C'est ainsi que j'ai hérité de la présidence du DAL 77. 

 

QDB : Quelle analyse a le DAL de la situation du Logement en France et plus particulièrement sur l'agglomération de Melun en particulier ? 

 

JFC : Le déficit en nombre de logements sociaux est important et le nombre de sans toit continue à croître. Sur l'agglomération de Melun, de nombreuses familles lasses d'attendre un logement social se replient sur le privé plus cher. Cette situation engendre des difficultés et des retards de paiement de leur loyer. Le nombre d'expulsions se poursuit.

Sur l'agglomération de Melun, le nombre de constructions de logements sociaux ne compense pas le nombre de démolitions, que ce soit à Dammarie les Lys ou sur la plaine de Corbeil.

Comme pour les autres départements de la Région parisienne, la situation est tendue et il faut attendre parfois deux à trois ans pour qu'une famille trouve un logement social.

La baisse des APL décidée par le gouvernement et compensée par les bailleurs sociaux a réduit leurs capacités financières. C'est l'entretien du vieux patrimoine qui en pâtit. Beaucoup de locataires se plaignent à juste titre de l'état de leur logement ; humidité, manque d'isolation, état des communs…voire même de la vétusté.

 

Lorsque nous recevons des familles en recherche de logements et que nous les aidons dans leurs démarches, certaines, notamment les plus pauvres n'arrivent pas à obtenir satisfaction ; elles se retrouvent numéro 3 en commission d'attribution ce qui les conduit à attendre la prochaine commission, puis la seconde.

 

QDB : Comment le DAL agit-il pour défendre le droit au logement ? 

 

JFC : Le DAL mène des interventions de terrain énergiques avec des occupations de locaux vides et des actions médiatiquement visibles Nous luttons contre les expulsions locatives et demande que les locaux vides soient réquisitionnés. Il anime le collectif : Plateforme-logement des mouvements sociaux qui regroupe les associations qui interviennent dans le champ du logement.

 

QDB : Quelles sont les actions que mène le DAL 77 actuellement ?  

 

JFC : Il reçoit les mal  logés et les sans toit et intervient pour que leur situation s'améliore. Depuis un an la permanence, 5 jours sur 7 ne désemplit pas. En un an nous avons reçu en partenariat avec les Familles Laïques de Melun plus de 200 familles et obtenu de nombreux relogements. Le DAL 77 intervient contre les expulsions locatives : interpellation des pouvoirs publics, articles de presse et interventions jusqu'à ce que la situation soit la meilleure possible. Il présente des listes chez quatre bailleurs sociaux avec comme double objectifs : de défendre les intérêts des locataires au Conseil d'Administration et de multiplier les permanences et les accompagnements des familles dans une démarche d'éducation populaire : on ne fait pas à la place des personnes en difficultés, on les accompagne afin qu'elles soient actrices de leur propre défense. Le DAL agit pour que personne ne soit dehors : c'est ainsi qu'il a obtenu la prise en charge de personnes sans toit par le 115 avec comme objectif qu'elles soient hébergées immédiatement et qu'elles retrouvent un vrai logement.

 

QDB : Est-il possible de rejoindre le DAL 77 ? Comment ? 

 

JFC : Oui, nous avons besoin de bénévoles et de soutiens. Nous tenons une permanence 6 square Blaise Pascal à Melun (quartier Montaigu). Il existe une plate-forme téléphonique sur laquelle on peut nous joindre : 09 75 38 81 13. Et un blog dynamique, original car unitaire entre Familles laïques de Melun et le DAL 77. http://aflmelundal77.over-blog.com/

 

Propos recueillis par Aurélien BOUTET


 

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