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Dal 77 - Droit au Logement

défense des locataires et des familles

L’angoisse du piéton qui baguenaude.

L’angoisse du piéton qui baguenaude.

Pauvre innocent.

 

Le piéton, le marcheur, le flâneur peuvent bien se donner la main ; depuis quelque temps ils se font rouler dans la farine et marcher sur les pieds par une foule de gens pressés qui ne peuvent faire le moindre pas sans user d’un engin électrique tout autant qu’éclectique. Pire même, à coup de sonnettes, ces empressés du bulbe exigent que ceux qui vont tranquillement leur train se poussent devant la fureur de leur agitation hystérique.

 

Naïvement, ils espéraient qu’avec Freluquet aux commandes et son inénarrable parti En Marche, ils allaient être les enfants chéris de sa majesté. Hélas, mille fois hélas, la seule incitation à la motricité pédestre que suggéra ce grand homme fut une traversée de rue pour aller chercher du travail. Le piéton ravalé au rang de quémandeur parasite, on ne pouvait donner pire image de cette noble façon de se mouvoir.

 

Le tout électrique a gagné les consciences. Une prétendue avancée pour sauver le climat qui comme les adeptes de cette terrible logique, court à sa perte tout autant qu’à la nôtre. Toujours plus vite grâce au nucléaire et pas un seul atome de bon sens dans cette course effrénée à la vitesse. Le piéton qui est un contemplatif a tout loisir d’admirer ces hystériques de la mobilité sans effort. Il y a de quoi faire…

 

La bicyclette n’a d’ailleurs pas le monopole de l’assistance désolante. On se bouscule au portillon pour proposer une gamme diversifiée de prothèses de toute nature pour permettre au futur cul de jatte de la sélection naturelle, de se mouvoir sans la moindre intervention de leurs pieds. Un grand pas vers la solution fatale pour une humanité qui marche sur la tête.

 

Je vous ferai grâce de la trop longue liste de ces engins à une, deux ou plusieurs roues qui se chevauchent ou bien sur lequel on se vautre afin de venir agresser les malheureux qui osent encore se déplacer à une vitesse inférieure à 6 km/h. Forts de leur supériorité économique (les chaussures, décidément ne rapportent pas assez d’’argent à l’état) ils foncent tête baissée, exigeant que les escargots du bitume, de la terre battue ou bien des trottoirs, se poussent pour les laisser aller !

 

Même nos chemins de halage, témoins historiques d’un usage pédestre, réservés jadis aux haleurs, ces galériens de la terre battue, sont soigneusement adaptés au triomphe du déplacement rapide. Malheur à celui qui se déplace le nez au vent, le regard attiré ici par un héron, là par un castor, plus loin par un fûtreau qui remonte la rivière à la voile. Qu’il dégage de ce chemin, dédié désormais à la grande vague de la modernité.

 

Nos chers responsables se gargarisent de développement durable. Ils inventent même des concepts qui ne pourront durer comme l’espace partagé pour tous ceux qui se meuvent en dehors de la chaussée. Paradoxalement du reste, sur la chaussée, point de chaussures mais des pneumatiques tout comme sur le trottoir ou nos sentiers de découverte. C’est le triomphe de la manufacture Michelin ou de ses homologues. Ils méprisent ainsi les recommandations du classement de la Loire au patrimoine de l’Humanité, modifiant sans les respecter les abords de notre rivière.

 

Le piéton insupporte les spécialistes de la mobilité assistée ou suppléée. Ils discutent, s’arrêtent, prennent leur temps, regardent ailleurs et deviennent ainsi des quilles qu’il convient d’abattre sans pitié. Tout ceci naturellement avec l’assentiment des responsables de cette mascarade qui ne songeront jamais à exiger une vitesse de déplacement maximum pour ces fous furieux du guidon sous toutes ses formes.

 

J’incite désormais les marcheurs, promeneurs, rêveurs, amoureux à se munir d’une tenue rembourrée quand leur prendra l’envie d’aller baguenauder près du canal ou de la Loire. Le risque est grand pour eux de revenir avec quelques bleus, des côtes fêlées sur cette rive défigurée. Nous vivons une époque résolument moderne qui marche totalement à côté de ses pompes.

 NABUM

Pédestrement vôtre.

Photographies de Patrick Pommier

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