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Dal 77 - Droit au Logement

défense des locataires et des familles

Seine-et-Marne : après son acte courageux, Abderrahim Aissaoui aspire à une vie professionnelle Après son acte de courage samedi 6 juin à Chelles, cet ancien sans-papiers vient d'être régularisé. L’homme espère maintenant trouver un logement et un emploi de couturier.

Seine-et-Marne : après son acte courageux, Abderrahim Aissaoui aspire à une vie professionnelle Après son acte de courage samedi 6 juin à Chelles, cet ancien sans-papiers vient d'être régularisé. L’homme espère maintenant trouver un logement et un emploi de couturier.

L'histoire d'Abderrahim a fait le tour de France.

Hier il est passé à M6 , vous voyez d'ailleurs la photographie de la prise de vue et en dessous voici l'article de la Marne....Toute la presse en a parlé

Nous avons fêté son anniversaire, ses 49 ans et non 50 ans aujourd'hui au local du DAL à Vaux le Pénil

VOICI L'ARTICLE DE LA MARNE :

Samedi 6 juin à Chelles, Abderrahim Aissaoui a sauvé une jeune fille qui se faisait agresser au couteau dans un bois – et il est étonné qu’on le considère comme un héros.

« J’ai débattu un peu vivement avec la police, car les agents ne voulaient pas admettre que n’importe qui aurait fait ça à ma place, vitupère Abderrahim Aissaoui. C’est pourtant une évidence. » Sa veste bleue sombre et ses mocassins blancs, son allure élancée, le bâton de promenade qu’il garde en trophée d’une joute mémorable évoquent l’élégance d’un gentilhomme.

M. Aissaoui a cinquante ans ce jeudi 11 juin. Le préfet de Seine-et-Marne lui remet officiellement un titre de séjour vie privée familiale parce qu’il a sauvé une jeune fille de son agresseur, samedi dernier, à Chelles.

Un sans-papiers sauve la jeune fille

Pour lui, le geste allait de soi. « Il m’est arrivé de faire la même chose en Algérie, explique-t-il : quand vous êtes face à la situation, vous sentez bien qu’aucun être humain ne pourrait abandonner la victime à votre place. Quelles pensées vous suivraient ensuite, toute votre vie, si le lendemain vous appreniez qu’elle était morte ? »

Habituelle ou non, cette façon de penser lui vaut aujourd’hui le rêve de sa vie, celui de tous les sans-papiers. Il espère depuis sa jeunesse vivre un jour en France. Il y a même résidé deux ans, entre 1991 et 1993. « J’avais de la famille en France, mais il aurait fallu me marier pour rester, raconte-t-il. Je ne voulais pas, j’étais jeune… »

La couture, sa passion

En rentrant à son hôtel, il écarte du bout de son bâton un masque sanitaire jeté sur le chemin. Il est pressé : ce soir, il passe au journal télévisé. « C’est incroyable d’obtenir enfin un titre de séjour ! » dit-il. Une fois rentré, il retrouve son fils qui, pendant l’émission, applaudit en constatant : « C’est papa ! » Lui, filme l’écran plasma avec son smartphone, tout sourire. Une femme et un groupe d’enfants rentrent à l’hôtel à ce moment, et applaudissent à leur tour.

M. Aissaoui espère maintenant pouvoir se faire embaucher comme couturier. Il travaillait en Algérie pour un fabricant de câbles électriques, mais la couture, c’est sa passion. Sa famille possède deux ateliers en Algérie et deux de ses frères sont couturiers professionnels. Pendant le confinement, à Melun, Abderrahim s’est acheté une petite machine à coudre et a fabriqué des masques pour la mairie, l’association du Droit au logement de Seine-et-Marne (DAL 77) et le collectif Maraud’ons.

« Sans logement à la naissance de son bébé »

« Nous le connaissons depuis un an, c’est un homme gentil et méritant, confie Jean-François Chalot, président du DAL 77. Il s’est retrouvé sans logement juste à la naissance de son dernier enfant. Nous l’avons orienté vers le 115 comme nous le faisons avec toutes sortes de personnes. »

C’est M. Chalot qui a demandé au préfet de régulariser M. Aissaoui et sa famille. « Je m’attendais à un combat long pour obtenir satisfaction, mais j’ai été très agréablement surpris par la décision rapide du préfet. Je l’ai appelé lundi soir et le mardi, nous avions sa réponse. »

« Une personne toujours très vivante »

Hamza, le voisin de chambre des Aissaoui à l’hôtel, confie : « Abderrahim est une personne toujours très vivante, on le voit toujours donner ce qu’il peut aux autres. C’est un type bien, tout comme sa femme et ses enfants. Ce sont des gens respectueux. »

D’autres personnes qui l’ont côtoyé, mais qui restent anonymes, décrivent aussi un homme témoignant en permanence d’intentions pour les autres. Lui, clame sa reconnaissance envers le DAL et le collectif Maraud’ons, à Melun. Elles lui ont apporté de vivres, des couches et des habits pour les enfants pendant les semaines difficiles traversées ce printemps.

Ce mercredi, après ces péripéties, Abderrahim Aissaoui aspire à une vie professionnelle et sociale. Jusqu’à présent, il n’avait droit qu’à une vie de résident de seconde zone. Ce jeudi, il va chercher son titre de séjour. Il n’en croit toujours pas ses yeux. « Je vais à la préfecture et, après la cérémonie, je m’en vais sans trop m’attarder ! » dit-il.

Les employeurs potentiels, propriétaires et autres personnes souhaitant aider M. Aissaoui à trouver un travail de couturier et un logement peuvent appeler l’association du Droit au logement de Seine-et-Marne : 07 66 77 14 26 (numéro mis à disposition à cette fin uniquement)

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