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Dal 77 - Droit au Logement

défense des locataires et des familles

Réponse à la préfecture : une étrange conception du droit de manifester !

 

https://youtu.be/nAKzT82_wZs

La préfecture de police de Paris a accepté que les marches de Sans-Papiers
venues de tout le pays convergent à la place de la République le samedi 17 octobre
et qu'une manifestation parte ensuite de cette place à 14H00.
Mais elle refuse pour l'instant que cette manifestation aille vers l'Elysée.
Ci-dessous notre réponse.

 

autocollant-acte3-01

 

Venez nombreux et nombreuses accueillir les marches et les accompagner dans Paris -

Trois entrées des Marcheurs et Marcheuses dans Paris en cortèges

qui iront jusqu'à République :

- 10H00 : Porte de St Denis (avec les campements de migrantEs) - passage vers 11H00

- 10H00 : Porte de Montreuil

- 10H00 : Porte d'Italie

Manifestation nationale vers l'Elysée : 14H00 - Place de la République

 

Réponse au courriel de la Préfecture

de Paris

concernant la manifestation

du 17 octobre

 

Monsieur,

Dans un courriel adressé à la Marche des Solidarités, en réponse à notre dépôt

de manifestation du 17 octobre vous écrivez :

« Votre parcours déposé avec un rassemblement place de la République pour rejoindre

la place de la Concorde après avoir emprunté : rue du Temple, rue de Turbigo, rue Beaubourg,

rue du Renard, rue de la Coutellerie, avenue Victoria, place du Châtelet pour participer

à la commémoration du 58ème anniversaire du 17 octobre 1961, et continuer par la rue de Rivoli,

ne peut être accepté. »

Il semble que vous voulez tout changer pour que rien ne change.

Il y a quelques mois vous preniez prétexte de la crise sanitaire pour nous « inviter à annuler »

une manifestation organisée par les collectifs de Sans-Papiers et la Marche des Solidarités.

Cette manifestation s’est pourtant tenue.

Le recul de l’épidémie dans les semaines suivantes a démontré à quel point imposer

notre droit à manifester n’était pas contradictoire avec la lutte contre la propagation du virus.

Nous en avions déduit que les raisons de l’interdiction n’étaient pas sanitaires mais politiques.

Alors que l’épidémie a repris vous avez abandonné vos anciens arguments.

Vous parlez même de « nécessité de l’exercice du droit à manifester ».

Tout a changé il semble : vous ne nous interdisez donc pas de manifester.

Mais rien n’a changé : ce que vous remettez en cause

c’est l’objet même de notre manifestation.

En effet, alors que, comme nous vous en avions informé

avant même le départ de la première marche à Marseille le 19 septembre, des Sans-papiers

et soutiens marchent depuis plusieurs semaines,

dans des conditions parfois difficiles, venant des quatre coins du pays,

avec l’objectif déclaré d’aller vers l’Elysée

et l’espoir qu’enfin ils et elles soient entenduEs par le président de la République,

vous dites que le parcours final pour aller de la place de la République,

au centre de Paris, vers l’Elysée « ne peut être accepté ».

Et c’est sans doute avec le même type « d’humanité » qui guide les politiques anti-migratoires

des autorités dont vous dépendez que vous « proposez comme alternative »

un rassemblement statique à République ou un trajet de manifestation partant d’abord

vers l’est parisien pour aller ensuite à Stalingrad.

Comprenez-vous le mélange de mépris et de violence de cette proposition ?

Violence de nous « proposer » l’exact opposé de ce que nous demandons.

Mépris de considérer que les seuls quartiers où nous soyions habilitéEs à manifester

sont ceux où nous habitons, les quartiers populaires.

Quand l’objet de cette marche est de nous faire entendre par ceux qui n’habitent

pas nos quartiers et pour qui gouverner notre vie c’est la détruire.

Ce mépris et cette violence sont par ailleurs renforcés par l’absence totale

de réponse du président de la République à la lettre que nous lui avons envoyée.

C’est une drôle de « démocratie » celle qui se pare de la « défense de l’ordre public »

pour justifier que la population ne peut aller manifester là où se trouvent les lieux de pouvoir.

C’est un bien étrange droit de manifester que celui dont le périmètre est déterminé

par ceux qui détiennent le pouvoir.

Comme vous le savez pourtant bien ce ne sont jamais les manifestations du mouvement

des sans-papiers qui sont un « trouble à l’ordre public »,

c’est bien plutôt l’ordre qui en fait des sans-papiers sans droits qui est un trouble

pour toute la société.

Vous comprendrez, Monsieur, que dans ces conditions nous ne pouvons pas plus accepter

votre « proposition » que nous ne pouvions accepter il y a quelques mois

votre « invitation à annuler notre manifestation ».

Nous maintenons donc notre projet de manifester le samedi 17 octobre pour aller vers l’Elysée,

avec ou sans papiers, appuyéEs par 270 organisations de tous ordres.

Nous le maintenons plus que jamais au moment où un rapport de Médecins Sans Frontières

vient de montrer l’extrême urgence d’un logement décent pour tous et toutes et de l’accès

de toutes et tous aux mêmes droits.

Nous sommes par ailleurs ouvertEs à toute suggestion permettant d’améliorer

notre dispositif pour garantir les meilleures conditions à l’expression de nos exigences.

Veuillez recevoir, Monsieur, l’expression de toute notre détermination à marcher vers l’Elysée.

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